Les trois actes – The usual suspects

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L’élément déclencheur sert de transition entre le premier et le second acte. Il est placé en début de récit, mais pas toujours. 

Tout le monde n’est pas d’accord avec ce découpage mais, pour ma part, je crois que la division du récit en trois actes reste la meilleure approche.

Acte I : installation des personnages, du décor et des routines. Puis un élément vient casser cette routine, le personnage principal se fixe un nouvel objectif et entreprend une série d’actions. On passe à l’acte suivant.

Acte II : c’est le coeur du récit, la partie la plus longue, au cours de laquelle nous assistons aux tentatives du héros d’atteindre son objectif. S’il y parvient, ou s’il renonce, l’acte est terminé. On passe au suivant.

Acte III : l’équilibre est retrouvé. L’histoire est terminée.

On comprend bien que le premier acte ne doit pas trop durer si l’on veut embarquer le spectateur ou le lecteur. Tant que l’élément déclencheur n’a pas ouvert la voie à la définition de l’objectif, on risque de tourner un peu en rond et de lasser son public.

The usual suspects

Les scénaristes de ce polar classique ont dû rapidement rencontrer un problème : comment faire patienter le public, le temps que l’élément déclencheur – la réunion dans une même prison des protagonistes – permette de définir un objectif : réaliser une mission suicide ? On est presque à la moitié du filme lorsque la mission est clairement définie, et acceptée.

La première technique consiste à commencer par la fin. En voyant celui que nous prendrons, plus avant dans le récit, comme le héros – ou le méchant ? – se faire tuer, nous sommes déjà intrigués. Pourquoi meurt-il ? qui le tue ? pourquoi ne semble-t-il pas si étonné ?

La seconde technique consiste à fixer de nombreux sous-objectifs dont la résolution, bien loin de clore l’objectif principal, le prépare. C’est en réalisant des braquages et des meurtres que la mission suicide devient la priorité. Théoriquement, ce n’est qu’à ce moment du film que l’on passe – bien tardivement – à l’acte II. Mais pour lui donner toute sa force, il fallait passer par un premier acte très long, où l’élément déclencheur implique un objectif à retardement.

Notons d’ailleurs que l’affiche représente ce moment clef du récit. Une façon de nous dire rétrospectivement que nous avions un indice devant les yeux…

Logiquement, le troisième acte est assez court. Il se termine avec la fin du récit de la mission suicide. Mais il contient un des plus beaux coups de théâtre de l’histoire du cinéma…

Cette scène clef du film The Usual Suspects est l’élément déclencheur mais la déclaration d’objectif principale vient longtemps après.

Pour conclure, à moins que vous ne soyez un auteur hors pair, essayez de définir rapidement l’objectif de votre personnage principal pour faire passer votre récit du premier au second acte.

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Nicolas Cauchy
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