À la compta, les bois

Imaginez que l’entreprise pour laquelle vous travaillez soit un orchestre et les membres qui la composent, dont vous, des musiciens.

Vents ? Bois ? Cordes ? À quelle famille d’instruments de l’orchestre appartient votre service ? (Épisode #1 Les cordes)

Les bois

Les bois de l’orchestre se composent de quatre pupitres : les flûtes, hautbois, clarinettes et bassons.

Pour déterminer si votre service appartient à la famille des bois, posez-vous cette question : votre unité fonctionne-t-elle malgré des problèmes de hiérarchie avérés ? Si la réponse est oui, alors vous ne faites pas partie de la famille des bois.

Car avec des instruments si délicats, il est indispensable que l’entente règne au sein des pupitres. Votre chef de Business Unit doit pouvoir dialoguer avec ses chefs de produit sans que son autorité soit remise en cause. Votre groupe projet doit attaquer ensemble et travailler en parfaite harmonie. Sans quoi tout le monde se rend compte des dysfonctionnements…

Une autre particularité de votre service est la polyvalence. Vous n’êtes pas cantonné à un seul instrument. Piccolo solo, vous pourrez être amené à jouer la deuxième flûte. Comme si on vous demandait de compléter vos missions stratégiques par un peu d’opérationnel… Mais ça, ça n’arrive jamais en entreprise, n’est-ce pas ?
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Elektra – Richard Strauss emploie cinq pupitres par famille de bois là où Mozart ou Brahms n’en emploie que deux

Le fantôme de l’opéra en VHS

Opéra : par où commencer ?

Pour moi, tout a débuté avec Le Fantôme de l’Opéra, un télé-film américain en deux épisodes, enregistré par ma mère sur une VHS au son douteux qui ne m’a pas empêché de me repasser en boucle la scène de la prison de Faust de Charles Gounod.

Le playback ne me gênait pas, je pleurais à chaudes larmes. « Je l’entends, je le vois, il est là. – Oui, c’est moi, je t’aime. »

Irrésistible, non ?

Le fantôme de l’Opéra, d’après Gaston Leroux. Scène finale tirée du Faust de Charles Gounod

 

Le Faust – de Charles Gounod, dirigé par Michel Plasson, avec l’Orchestre de Toulouse.

Ces 5 publicités qui vont vous faire aimer la musique classique – la 4e est bouleversante

Musique classique : par où commencer ?

Probablement la publicité qui aura le plus contribué à faire connaître Chostakovitch même s’il s’agit d’un gros malentendu : la Valse N°2 ne reflète pas du tout l’ironie glacée du compositeur.

Cette publicité m’a fait connaître et aimé le Roméo et Juliette de Prokofiev.

Pas sûr qu’on se souvienne du produit, mais les images associées au Requiem de Poulenc sont plutôt belles.

Vous le reconnaissez ? Benjamin Millepied, ex-directeur de la danse à l’Opéra de  Paris dans une chorégraphie bouleversante de Preljocaj

« Loulou ? C’est moi. » Fauré. En souvenir d’un ami disparu.

L’orchestre entreprise #1

Imaginez que l’entreprise pour laquelle vous travaillez soit un orchestre et les membres qui la composent, dont vous, des musiciens.

Vents ? Bois ? Cordes ? À quelle famille d’instruments appartient votre service ?

Puis essayez, la prochaine fois que vous vous asseyez à une table de COPIL, de COMEX, de CODIR ou que sais-je, de deviner quel instrument votre directeur des ventes, votre DSI ou tout autre chef de produit est-il la voix.

Ce petit exercice, finalement, vous obligera à vous poser des questions sur les gens que vous côtoyez tous les jours, sur la vision que vous avez des services, des collaborateurs et, plus généralement, de votre entreprise.

Pour vous aider, je vous propose de faire connaissance avec l’orchestre afin de lui associer les bons profils, dont peut-être le vôtre.

À la fin de l’exercice, j’espère que vous pourrez dire à votre Directeur général en lui posant la main sur l’épaule « Mais tu es tellement basson, toi ! » Et tout le monde sera d’accord avec vous.

Les cordes

Les cordes sont la part la plus nombreuse de l’orchestre (chez moi, clairement le service commercial). Ce sont elles qui jouent le plus (quel service « joue » le plus dans votre entreprise ? Je vous laisse le soin de répondre…), qui forgent le son de l’orchestre.

Les très grands orchestres se distinguent avant tout par la qualité de leurs cordes et ce n’est pas très bon signe lorsque l’on souligne trop souvent l’excellence d’un soliste des vents (comprenez ce nouvel arrivant tellement brillant au marketing).

On compte environ quarante pupitres de cordes pour une petite entreprise, genre Mozart. Cinquante avec Beethoven et soixante chez Areva, la Poste ou Mahler.

À moins que vous ne soyez dans une entreprise « baroque sur instruments d’époque » (dont l’équivalent pourrait être « forte rentabilité par salarié ») et là, on compte moins de trente pupitres.

Les cordes dans l’entreprise éprouvent des sentiments ambivalents, entre fierté d’avoir le rôle principal et complexe d’être fondu dans la masse. Sans parler du sentiment d’injustice lorsqu’on reconnait moins leur travail (on les applaudit moins) que cet autre pupitre à la communication ou aux cuivres tellement plus sexy !

Alors chez vous, qui tient les cordes ?

Sources : Au choeur de l’orchestre, Christian Merlin. Une mine d’or !

Symphonie n°5 – Mahler – Abaddo – Adagietto

Philippe & David (mais aussi Jerome et Bob)

Le compositeur Philip Glass et David Bowie se sont rencontrés tout jeune.  Mais il a fallu attendre presque vingt ans pour que le compositeur se saisisse de l’album Low et en fasse une symphonie entêtante

L’album Low de David Bowie

La version symphonique de Low par Philip Glass (clic)

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PS : Et puisque l’on parle de Philip Glass

Les Glass pieces de Jerome Robbins dont le défilé des danseuses en arrière plan fait penser…

…à celui des servantes dans le Pelleas et Mélisande de Debussy mis en scène par Bob Wilson (clic)