Vous affichez un parcours sans faille ? Bravo ! Vous n’avez jamais rien tenté.

C’est en substance, ce que nous explique Tal Ben Shahar dans « L’apprentissage de l’imperfection », illustrant ses propos de plusieurs exemples de réussites flamboyantes passées par des flops monumentaux.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Après cette lecture et en regardant mon parcours, force m’a été de constater que je n’avais pas connu, moi non plus, d’échecs cuisants. Et donc, rien tenté de très audacieux.

Des déceptions, oui. Des ratés, des échecs. Mais rien de bien terrible.

Sauf en écriture.

J’ai publié plusieurs romans, des nouvelles policières, des albums pour la jeunesse ; je travaille dans l’édition depuis quinze ans. J’ai un solide réseau professionnel et je connais de nombreux éditeurs.

Et pourtant.

J’ai travaillé deux ans à mon nouveau roman, y consacrant toutes mes matinées, entre 5h et 8h, sans commande, sans conseils, sans motivation autre que le plaisir que j’y prends, sans aucune visibilité sur le résultat, sans assurance qu’il soit publié ni rémunération.

Pierre BOULEZ
Pierre BOULEZ

J’ai voulu raconter une histoire exigeante : la réunion de Pierre Boulez, chef d’orchestre et Patrice Chéreau, metteur en scène, autour de la production d’un opéra de Debussy : Pelléas et Mélisande. J’y ai mis beaucoup de moi, de mon admiration pour ces hommes extraordinaires et pour la musique.

Après plusieurs refus, le manuscrit a été porté, soutenu et présenté par une éditrice reconnue d’une grande maison littéraire pour être, finalement, refusé.

La déception est immense. Cette impression de rester sur le bas-côté de la littérature pendant que les autres continuent sans vous.

Mais au moins ai-je tenté.

Et peut-être, peut-être que si, dans le futur, je finissais par publier un nouveau roman, son succès serait-il proportionnel aux risques que j’ai pris en y consacrant le meilleur de moi-même.

A vaincre sans péril.

Franz et Stanley, l’amour at first sight

Barry Lyndon de Stanley Kubrick

Barry Lyndon est probablement le film le plus triste, le plus déchirant de l’histoire du cinéma, qui en compte pourtant un certain nombre, en ce qu’il cumule quelques thèmes insoutenables comme « amoures bafouées » ou #autodestruction, voire #histoire d’un type qui gâche tout à la fin, mais aussi « mort d’un enfant » et même #amputation. C’est dire.

Si vous parvenez à regarder cette scène sans ciller, c’est que vous n’avez pas de coeur (spoiler : l’enfant meurt juste après).
Et pourtant, Barry Lindon est aussi le film qui met en scène l’un des plus beaux coups de foudre, mieux qu’à Notting Hill, et Franz Schubert n’y est pas pour rien.
Stanley Kubrick a beaucoup employé la musique classique pour accompagner ses films. C’est lui qui a contribué à la renommée mondiale d’Ainsi parlait Zarathoustra, poème symphonique de Richard Strauss ou de la Valse du beau Danube bleu, de Strauss aussi, mais pas le même.
C’est lui également qui a fait connaître la Sarabande de Haendel (écoutez-la une fois et vous l’aurez dans la tête toute la journée).
Mais c’est probablement dans Barry Lyndon que Kubrick se montre le plus sentimental, dans le sens « j’exprime des sentiments » avec une rencontre amoureuse telle qu’on en rêve tous et toutes, un « love at first sight » qui embarque nos deux héros dans une histoire déchirante.
C’est très lent, mais je vous assure que ça vaut la peine de la regarder, avec le son s’il vous plait.

Franz Schubert – Trio pour piano et cordes op. 100

Hélas, Barry gâche tout. Et pourtant !

Concerto pour violoncelle. Vivaldi.

 

Allez maintenant vous jeter dans les bras de votre bien-aimée.

Le fantôme de l’opéra en VHS

Opéra : par où commencer ?

Pour moi, tout a débuté avec Le Fantôme de l’Opéra, un télé-film américain en deux épisodes, enregistré par ma mère sur une VHS au son douteux qui ne m’a pas empêché de me repasser en boucle la scène de la prison de Faust de Charles Gounod.

Le playback ne me gênait pas, je pleurais à chaudes larmes. « Je l’entends, je le vois, il est là. – Oui, c’est moi, je t’aime. »

Irrésistible, non ?

Le fantôme de l’Opéra, d’après Gaston Leroux. Scène finale tirée du Faust de Charles Gounod

 

Le Faust – de Charles Gounod, dirigé par Michel Plasson, avec l’Orchestre de Toulouse.