Un titre. Mille possibilités.

Rarement titre de livre aura provoqué autant de réactions épidermiques que le « Je t’aime, je te trompe » d’Esther Perel.

La thérapeute américaine, d’origine belge, était à Paris cette semaine pour une conférence sur l’amour. Car il s’agissait bien de cela. Drôle, malicieuse, sa pratique des mots du sexe, des corps et du coeur depuis tant d’années lui conférait une aura particulière, à la fois réaliste et poétique. Demeure la provocation du titre.

Pourquoi est-il si choquant?

En y réfléchissant, il m’a semblé que c’était l’absence de coordination entre les deux groupes verbaux qui ouvrait le champs des possibles.

Exemples :

– « Je t’aime, *mais* je te trompe ». Les deux verbes s’opposent et révèlent un clivage.
-« Je t’aime *car* je te trompe ». La tromperie comme preuve d’amour?
– « Je t’aime *donc* je te trompe », les deux iraient de pair?
Vous pouvez aussi essayer avec « or » ou « et ».
Mais, finalement, c’est bien l’absence de coordination contenue dans la virgule qui donne toute sa puissance au titre. Car chacun y met ce qu’il veut, en fonction de son histoire, ses expériences et ses émotions. Et vous pouvez même prolonger le test en y ajoutant des négations. « Je ne t’aime pas mais… »

Décidément, un excellent titre.

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