L’orchestre entreprise #1

Imaginez que l’entreprise pour laquelle vous travaillez soit un orchestre et les membres qui la composent, dont vous, des musiciens.

Vents ? Bois ? Cordes ? À quelle famille d’instruments appartient votre service ?

Puis essayez, la prochaine fois que vous vous asseyez à une table de COPIL, de COMEX, de CODIR ou que sais-je, de deviner quel instrument votre directeur des ventes, votre DSI ou tout autre chef de produit est-il la voix.

Ce petit exercice, finalement, vous obligera à vous poser des questions sur les gens que vous côtoyez tous les jours, sur la vision que vous avez des services, des collaborateurs et, plus généralement, de votre entreprise.

Pour vous aider, je vous propose de faire connaissance avec l’orchestre afin de lui associer les bons profils, dont peut-être le vôtre.

À la fin de l’exercice, j’espère que vous pourrez dire à votre Directeur général en lui posant la main sur l’épaule « Mais tu es tellement basson, toi ! » Et tout le monde sera d’accord avec vous.

Les cordes

Les cordes sont la part la plus nombreuse de l’orchestre (chez moi, clairement le service commercial). Ce sont elles qui jouent le plus (quel service « joue » le plus dans votre entreprise ? Je vous laisse le soin de répondre…), qui forgent le son de l’orchestre.

Les très grands orchestres se distinguent avant tout par la qualité de leurs cordes et ce n’est pas très bon signe lorsque l’on souligne trop souvent l’excellence d’un soliste des vents (comprenez ce nouvel arrivant tellement brillant au marketing).

On compte environ quarante pupitres de cordes pour une petite entreprise, genre Mozart. Cinquante avec Beethoven et soixante chez Areva, la Poste ou Mahler.

À moins que vous ne soyez dans une entreprise « baroque sur instruments d’époque » (dont l’équivalent pourrait être « forte rentabilité par salarié ») et là, on compte moins de trente pupitres.

Les cordes dans l’entreprise éprouvent des sentiments ambivalents, entre fierté d’avoir le rôle principal et complexe d’être fondu dans la masse. Sans parler du sentiment d’injustice lorsqu’on reconnait moins leur travail (on les applaudit moins) que cet autre pupitre à la communication ou aux cuivres tellement plus sexy !

Alors chez vous, qui tient les cordes ?

Sources : Au choeur de l’orchestre, Christian Merlin. Une mine d’or !

Symphonie n°5 – Mahler – Abaddo – Adagietto

Le fil d’Ariane dans le chaos symphonique

Musique classique : comment faciliter l’écoute d’une symphonie ?

La première audition d’une symphonie peut se révéler déroutante. On n’entend rien; on ne ressent rien. On ne sait pas par où commencer. Tout est au même plan, inaudible. Le train passe, on reste à quai.

On peut alors se décourager, ou bien persévérer et tenter une nouvelle écoute, puis une autre, jusqu’à trouver le fil d’Ariane, cet air, accord, quelques notes que vous reconnaissez désormais et qui vous plaisent, que vous chantez intérieurement.

Quelque chose s’est gravé en vous que vous n’oublierez pas à l’écoute suivante et à partir de laquelle vous allez entrer dans la phrase, y associer l’introduction, les variations, transitions, la conclusion.

À partir de là, les phrases vont s’associer naturellement les unes aux autres pour constituer tout le mouvement, puis la symphonie. Vous avez accès à la totalité, mais aussi aux détails. Vous reconnaissez les voix, les timbres, les instruments qui vont provoquer chez vous, tour à tour, des larmes, de la joie, de l’énergie, de la mélancolie, tout un réservoir d’émotions qui semble inépuisable.

C’est exactement ce qui se passe à l’écoute de la première symphonie de Mahler avec la découverte, inattendue – l’effet de surprise contribue à la mécanique – des Lieder eines fahrenden Gesellen que le compositeur a réutilisés dans le troisième mouvement.

Cela peut être alors, pour l’auditeur, la porte d’entrée du jardin symphonique par laquelle remonter les allées une à une et embrasser l’oeuvre complète – au moins le 3e mouvement.

Les Lieder eines fahrenden Gesellen de Mahler

La reprise des Lieder eines fahrenden Gesellen dans le 3e mouvement de la 1ere symphonie de Mahler