Le fil d’Ariane dans le chaos symphonique

Musique classique : comment faciliter l’écoute d’une symphonie ?

La première audition d’une symphonie peut se révéler déroutante. On n’entend rien; on ne ressent rien. On ne sait pas par où commencer. Tout est au même plan, inaudible. Le train passe, on reste à quai.

On peut alors se décourager, ou bien persévérer et tenter une nouvelle écoute, puis une autre, jusqu’à trouver le fil d’Ariane, cet air, accord, quelques notes que vous reconnaissez désormais et qui vous plaisent, que vous chantez intérieurement.

Quelque chose s’est gravé en vous que vous n’oublierez pas à l’écoute suivante et à partir de laquelle vous allez entrer dans la phrase, y associer l’introduction, les variations, transitions, la conclusion.

À partir de là, les phrases vont s’associer naturellement les unes aux autres pour constituer tout le mouvement, puis la symphonie. Vous avez accès à la totalité, mais aussi aux détails. Vous reconnaissez les voix, les timbres, les instruments qui vont provoquer chez vous, tour à tour, des larmes, de la joie, de l’énergie, de la mélancolie, tout un réservoir d’émotions qui semble inépuisable.

C’est exactement ce qui se passe à l’écoute de la première symphonie de Mahler avec la découverte, inattendue – l’effet de surprise contribue à la mécanique – des Lieder eines fahrenden Gesellen que le compositeur a réutilisés dans le troisième mouvement.

Cela peut être alors, pour l’auditeur, la porte d’entrée du jardin symphonique par laquelle remonter les allées une à une et embrasser l’oeuvre complète – au moins le 3e mouvement.

Les Lieder eines fahrenden Gesellen de Mahler

La reprise des Lieder eines fahrenden Gesellen dans le 3e mouvement de la 1ere symphonie de Mahler

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